Colloque « Décoloniser le terrain : sport, genre et justice sociale » dans le cadre du CIRFF
La programmation sera dévoilée sous peu.
Ce colloque propose d’explorer les perspectives féministes décoloniales dans le sport et le plein air, en interrogeant les dynamiques de pouvoir, les représentations sociales et les trajectoires militantes qui s’y déploient. Les milieux du sport et du plein air sont traversés par des rapports de domination liés au genre, à l’appartenance ethnoculturelle, à la classe et aux capacités physiques, notamment.
L’objectif est d’ouvrir un dialogue critique autour des inégalités structurelles dans le domaine du sport et du plein air, tant dans une optique récréative que de haut niveau. Pour ce faire, nous allons valoriser les pratiques et les savoirs issus de la recherche ainsi que ceux découlant des expériences de terrain ainsi que des luttes féministes, autochtones et antiracistes dans le domaine du sport et du plein air. En s’appuyant sur des approches intersectionnelles et inclusives, cette thématique invite à repenser la place des femmes, notamment racisées, autochtones et marginalisées dans le sport et le plein air, de même que celle des personnes trans et non binaires. Ceci est d’autant plus crucial dans une ère où la polarisation, qu’elle soit issue du contexte socio-politique ou environnemental, exacerbe les systèmes d’oppression et nécessite la réorganisation des luttes féministes.
L’enjeu est de reconnaître la pluralité des expériences corporelles, identitaires et culturelles, tout en décentrant les normes occidentales et hégémoniques qui continuent de structurer les espaces dédiés à l’activité physique. Entre autres, en adéquation avec l’axe 2 du congrès, nous souhaitons interroger le rôle des médias – traditionnels et émergents – dans le maintien et la déconstruction des oppressions en sport et plein air. Alors que le système sportif repose sur une logique binaire, comment les communautés LGBTQ+ parviennent-elles à naviguer à travers les normes hétérocisnormatives dudit système? Le sport possède une longue tradition d’instrumentalisation coloniale alors que les pratiques de plein air se sont régulièrement nourries de formes d’appropriations culturelles. Comment s’assurer de créer des espaces sportifs et de plein air dans une perspective décoloniale et ainsi éviter une logique de perpétuation des oppressions ? Enfin, et sans nous restreindre à ces axes, quels enjeux les femmes des minorités ethnoculturelles rencontrent-elles lorsqu’elles souhaitent se livrer à des activités sportives et de plein air?
Ce colloque se veut un espace de rencontre entre recherche, pratique et militantisme, favorisant les échanges interdisciplinaires et les savoirs situés. Il invite les personnes participantes à réfléchir aux façons dont le sport et le plein air peuvent devenir des leviers d’émancipation, de résistance et de transformation sociale, en phase avec les luttes féministes contemporaines pour la justice et l’inclusion.
En bref, ce colloque contribuera à (ré)imaginer les luttes féministes en proposant des formes renouvelées d’alliances, de pratiques sportives et de représentations médiatiques