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« Sport, intersectionnalité et espaces : Déconstruire le système sportif pour mieux le réinventer » dans le cadre de l’Acfas

12 mai 2026
Événement présenté par: Lab PROFEMS et L'Acfas
Lieu: Université du Québec à Trois-Rivières

12 mai 2026 – 9h à 17h

Pour consulter le programme

Dans le cadre de ce colloque, nous proposons une réflexion interdisciplinaire sur les espaces sportifs, analysée sous une perspective intersectionnelle (Crenshaw, 1991; Collins et Bilge, 2016). Nous souhaitons interroger le maintien du système sportif actuel, ainsi que les subversions qui permettent sa recodification. Nous partons du postulat que les différents espaces sportifs — qu’ils soient physiques, médiatiques ou symboliques — interagissent dans des logiques simultanées de préservation du pouvoir et de contestation de ce dernier (Bourdieu, 1984).

D’abord, sur le plan physique, les espaces dédiés au sport s’incarnent dans des infrastructures dont l’accessibilité n’est pas universelle. Elles excluent souvent, par leur conception même, les personnes ayant des limitations fonctionnelles (Peers, 2016) et se déploient inégalement sur le territoire, suivant des lignes de fracture liées au colonialisme et à la défavorisation socio-économique (Allison-Abaunza et Woodburn, 2024).

Ensuite, les espaces médiatiques tendent à privilégier le sport professionnel masculin (Montañola, 2011), (re)déployant sans cesse les principes du complexe médiatico-sportif (Jhally, 1989). Les figures d’autorité journalistique (reporters, chroniqueurs) demeurent majoritairement des hommes blancs (St-Pierre, 2018) relatant les exploits d’autres hommes à un public imaginé comme exclusivement masculin et hétérosexuel (Cooky et al., 2021; Messner et al., 2000).

Enfin, ces espaces ne sont jamais neutres sur le plan symbolique. Ils sont traversés par des logiques de classe (Hubson et al., 2025), de genre (Pavlidis et Connor, 2016) et de race (Joseph, 2020; 2021) générant des injustices structurelles. En somme, l’espace sportif contemporain reste marqué du sceau d’une masculinité hégémonique, blanche et capacitiste, s’inscrivant dans une toile de fond capitaliste néolibérale (Cooky et al., 2024; Mutz et Müller, 2021; Craike et al., 2018; Mazzie, 2014).